Un crédit lombard transforme un portefeuille en garantie d'une dette. Il permet d'obtenir des liquidités sans vendre les titres, mais la banque conserve le droit d'exiger un remboursement ou des garanties supplémentaires si la couverture baisse. Le risque tient moins au taux affiché qu'à la combinaison de trois variables : la valeur de marché des actifs, le taux d'avance que la banque leur attribue et le montant déjà utilisé.
La réponse courte : la limite n'est pas un montant acquis. Elle est recalculée à partir de la valeur de nantissement du portefeuille et peut diminuer avant même que les titres ne soient vendus. Un appel de marge apparaît lorsque la dette dépasse la couverture admise. Le client doit alors verser des liquidités, apporter d'autres garanties ou rembourser. S'il ne le fait pas dans le délai contractuel, la banque peut réaliser le gage. Une vente ne solde pas forcément la dette : si son produit est insuffisant, le reliquat reste dû.
Repère de taux au 31 août 2026 : la BNS affichait un SARON indicatif de moins 0,06 %. Ce chiffre n'est pas un tarif de crédit lombard et ne permet pas de déduire la marge facturée par une banque.
Ce que la banque prête, et ce qu'elle ne promet pas
Le crédit lombard est une facilité garantie par des actifs financiers. Les titres restent dans le portefeuille et continuent de fluctuer. Le client reste propriétaire des positions, perçoit leurs revenus et supporte leurs pertes, tandis que la banque reçoit un droit de gage. Le crédit peut prendre la forme d'un compte courant débiteur, d'une avance à terme fixe ou d'une ligne multidevise. La durée, l'usage autorisé et les modalités de résiliation dépendent du contrat.
Trois montants doivent rester séparés :
- la valeur de marché est le prix estimé des actifs à un instant donné ;
- la valeur de nantissement est la part de cette valeur que la banque accepte comme couverture ;
- l'utilisation est la dette effectivement tirée, intérêts et frais compris selon le contrat.
Une ligne autorisée de 3 millions de francs et une utilisation de 1 million ne créent pas le même risque qu'une utilisation de 2,9 millions. La différence entre la valeur de nantissement et l'utilisation constitue la marge disponible. Ce coussin absorbe les baisses de cours, les réductions de taux d'avance, les intérêts débités et les variations de change.
Formules de suivi :
Valeur de nantissement = somme de chaque valeur de marché multipliée par son taux d'avance.
Marge disponible = valeur de nantissement moins dette utilisée.
Taux d'utilisation = dette utilisée divisée par valeur de nantissement.
Un taux d'utilisation de 100 % signifie que le coussin a disparu. Attendre ce seuil pour agir est risqué, car les marchés peuvent ouvrir en forte baisse, certains actifs peuvent ne plus coter et la banque peut modifier leur taux d'avance. La marge doit être pilotée avant l'appel, pas après.
Comment se forme la valeur de nantissement
La valeur de nantissement n'est pas la valeur du relevé multipliée par un pourcentage unique. Chaque ligne reçoit un traitement propre. La banque examine notamment la liquidité, la volatilité, la devise, la durée, la qualité de crédit, la négociabilité, la concentration et les liens entre les actifs. Une obligation d'Etat liquide et une action unique de petite capitalisation ne fournissent donc pas la même couverture.
Les taux d'avance relèvent de la politique de risque et du contrat de chaque banque. Ni la FINMA ni la BNS ne publient un barème uniforme pour la clientèle. Une banque peut accepter un titre qu'une autre refuse, réduire un taux sans que le prix ait baissé, ou appliquer une décote supplémentaire à une position trop concentrée. La documentation de Pictet Wealth Management de mars 2025 confirme ce principe sans publier de barème : la banque détermine la valeur de nantissement en fonction du type d'actifs remis en garantie.
Les actifs suivants demandent une attention particulière :
- une action unique peut perdre son taux d'avance à l'approche d'un événement ou quand sa volatilité augmente ;
- un fonds peut être pénalisé si ses rachats sont suspendus, espacés ou plafonnés ;
- un produit structuré cumule le risque de son sous-jacent, celui de l'émetteur et une liquidité secondaire parfois faible ;
- une obligation longue peut baisser quand les taux montent, même sans défaut de l'émetteur ;
- un actif coté dans une autre devise ajoute un risque de change à son risque de marché ;
- des titres différents en apparence peuvent chuter ensemble s'ils dépendent du même secteur, pays ou facteur de risque.
La FINMA classe le crédit lombard parmi les principaux risques de crédit dans son Monitorage des risques 2025. Elle vise précisément les pertes de cours qui dépassent les décotes appliquées par les banques, les appels de marge que les clients ne peuvent pas honorer, le financement garanti par un seul titre et les portefeuilles peu diversifiés. Le risque n'est donc pas théorique ni limité aux clients qui empruntent la totalité de leur ligne.
Exemple de calcul, sans barème commercial
Le tableau suivant est une construction arithmétique. Les taux d'avance servent à montrer la méthode et ne représentent ni une offre bancaire ni une moyenne suisse.
| Bloc d'actifs | Valeur de marché | Hypothèse de taux d'avance | Valeur de nantissement |
|---|---|---|---|
| Obligations diversifiées | CHF 2 000 000 | 80 % | CHF 1 600 000 |
| Actions diversifiées | CHF 2 000 000 | 60 % | CHF 1 200 000 |
| Action unique concentrée | CHF 1 000 000 | 30 % | CHF 300 000 |
| Total | CHF 5 000 000 | Sans objet | CHF 3 100 000 |
Avec une dette utilisée de 2 millions de francs, la marge disponible est de 1,1 million et le taux d'utilisation atteint 64,5 %. Si tous les prix baissaient uniformément et si les taux d'avance restaient inchangés, une baisse d'environ 35,5 % absorberait ce coussin. Ce seuil apparent est trompeur, car les taux d'avance peuvent baisser en même temps que les prix.
Un appel de marge peut venir du prix ou du barème
L'appel de marge est la conséquence d'une insuffisance de couverture. Il ne suppose ni défaut de paiement antérieur ni échéance normale du prêt. Il peut être déclenché par une baisse de marché, une hausse de la dette après débit des intérêts, une variation de change, une réduction de la qualité de crédit d'un émetteur, une concentration nouvelle ou une décision de la banque de ne plus avancer sur un actif.
Reprenons le portefeuille de 5 millions. Le scénario de stress suivant combine une baisse des cours et une réduction des taux d'avance :
| Bloc | Choc sur le prix | Nouveau taux d'avance | Nouvelle couverture | Perte de couverture |
|---|---|---|---|---|
| Obligations diversifiées | moins 10 % | 70 % | CHF 1 260 000 | CHF 340 000 |
| Actions diversifiées | moins 30 % | 50 % | CHF 700 000 | CHF 500 000 |
| Action concentrée | moins 50 % | 0 % | CHF 0 | CHF 300 000 |
| Total | Chocs distincts | Sans objet | CHF 1 960 000 | CHF 1 140 000 |
Calcul de l'auteur : valeur après choc multipliée par le nouveau taux d'avance. La dette est maintenue à CHF 2 000 000 pour isoler l'effet de la couverture.
La couverture tombe à 1,96 million, soit 40 000 francs de moins que la dette. L'action concentrée n'a pas perdu toute valeur, mais elle ne fournit plus aucune capacité d'emprunt. Pour rétablir la couverture, le client doit au minimum rembourser 40 000 francs ou apporter des actifs offrant une valeur de nantissement équivalente. En pratique, revenir exactement à zéro de marge laisse le dossier exposé au mouvement suivant. Une banque peut demander un coussin supérieur.
Le délai n'est pas fixé par une règle générale de plusieurs jours. Il dépend du contrat, de la liquidité des positions et de l'urgence du risque. Un client doit obtenir par écrit le canal de notification, le délai ordinaire, les cas de réalisation immédiate et les personnes autorisées à donner des instructions si le titulaire est injoignable.
L'effet de levier multiplie la perte du capital propre
Quand le crédit finance de nouveaux placements, l'exposition de marché dépasse le capital du client. Avec 5 millions de fonds propres et 2 millions empruntés, le portefeuille investi atteint 7 millions. En ignorant d'abord les intérêts et les frais, le résultat se lit ainsi :
| Variation des actifs | Valeur des actifs | Dette | Capital net | Rendement du capital initial |
|---|---|---|---|---|
| plus 10 % | CHF 7 700 000 | CHF 2 000 000 | CHF 5 700 000 | plus 14 % |
| moins 20 % | CHF 5 600 000 | CHF 2 000 000 | CHF 3 600 000 | moins 28 % |
| moins 40 % | CHF 4 200 000 | CHF 2 000 000 | CHF 2 200 000 | moins 56 % |
Construction arithmétique : CHF 7 000 000 multipliés par la variation, moins une dette constante de CHF 2 000 000. Le rendement est rapporté aux CHF 5 000 000 de capital initial. Intérêts, frais, impôts et changement de couverture sont exclus.
Le gain augmente de 10 à 14 %, mais une baisse de 20 % devient une perte de 28 % sur le capital. Le profil est asymétrique dans la vie réelle, car les intérêts continuent de courir et la banque peut vendre pendant la baisse. Le client ne contrôle alors plus la date de sortie ni l'ordre des titres vendus, sauf protection contractuelle explicite.
Quand l'emprunt finance une dépense, par exemple un achat immobilier ou un impôt, il n'augmente pas l'exposition du portefeuille. Il crée tout de même une dette garantie par des actifs volatils. La distinction change le rendement attendu, pas le mécanisme de l'appel de marge.
Calculer le coût complet du crédit
Le taux annuel nominal ne suffit pas. Le coût dépend de la base de référence, de la marge de crédit, d'un éventuel plancher à zéro, de la devise, de la périodicité de débit, des commissions et du coût des opérations imposées pour maintenir la couverture.
Formule de travail :
Coût total = intérêts de référence + marge bancaire + commissions de ligne + frais de dossier + frais de change + frais de transactions et de garde supplémentaires + coût d'une couverture de taux ou de change, le cas échéant.
Une offre doit préciser la formule, pas seulement le taux du jour. Les points à obtenir sont :
- l'indice ou le taux interne utilisé pour chaque devise ;
- la période d'observation et la fréquence de révision ;
- la marge en points de pourcentage ;
- le traitement d'un indice négatif et l'existence d'un plancher ;
- la base de calcul, par exemple 360 ou 365 jours ;
- la capitalisation ou le débit des intérêts ;
- la commission sur la ligne autorisée, sur la part inutilisée ou sur les deux ;
- les frais de remboursement anticipé d'une avance à terme ;
- les frais de conversion si la dette et les dépenses ne sont pas dans la même devise.
Une dette moyenne de 2 millions facturée 1,80 % coûte 36 000 francs d'intérêts par an, avant les autres frais. Si les intérêts sont débités sur le compte lombard au lieu d'être payés en espèces, ils augmentent la dette et consomment eux-mêmes la marge. Le calcul du coût total d'une relation de private banking doit donc intégrer le crédit séparément, avec son solde moyen et non sa limite maximale.
Le SARON publié par la BNS sert de repère monétaire, pas de promesse commerciale. La BNS indique en outre que SIX Index SA est l'administrateur du benchmark et que les valeurs BNS sont indicatives. Un crédit lombard peut utiliser un autre taux, une autre période ou une marge interne. Lorsque le SARON est négatif, le résultat dépend du plancher prévu au contrat. Il ne faut jamais déduire qu'une référence négative rend le crédit gratuit.
Le risque de change peut créer un appel sans baisse du portefeuille
Emprunter dans une devise différente de celle des revenus, de la dépense financée ou de la garantie crée une position de change. Cette position porte sur le principal entier, pas seulement sur les intérêts.
Exemple hypothétique : une dette de 2 millions d'euros vaut 1,88 million de francs à un cours de 0,94 franc par euro. Si le cours passe à 1,05, la même dette vaut 2,10 millions de francs. Son équivalent augmente de 220 000 francs, soit 11,7 %, avant tout intérêt. Si la limite est suivie en francs, cette seule variation peut absorber une partie substantielle du coussin.
L'erreur fréquente consiste à choisir la devise au taux nominal le plus bas. La comparaison correcte additionne le taux, la marge, le coût de couverture éventuel et l'effet d'une variation défavorable du principal. La devise la plus logique est souvent celle de la dépense ou des flux de remboursement, pas celle dont le taux du jour paraît le moins élevé.
Ce que le droit suisse règle
Le droit du gage et la réglementation des services financiers répondent à des questions différentes.
Le Code civil règle le nantissement mobilier. L'art. 884 al. 3 CC lie l'existence du gage à la perte de la maîtrise exclusive par le constituant. L'art. 891 donne au créancier non désintéressé le droit de se payer sur le prix de réalisation et précise que le gage garantit le capital, les intérêts conventionnels, les frais de poursuite et les intérêts moratoires. L'art. 894 interdit en revanche la clause qui autoriserait le créancier à s'approprier le gage faute de paiement. La banque peut se payer sur le produit, pas devenir automatiquement propriétaire des titres.
Si la réalisation suit la voie de la poursuite, l'art. 41 LP renvoie aux art. 151 à 158 pour une créance garantie par gage. L'art. 152 prévoit un délai de paiement d'un mois pour un gage mobilier après le commandement de payer. L'art. 157 affecte d'abord le produit aux frais, puis aux créanciers gagistes. Si le produit ne suffit pas, l'art. 158 prévoit un certificat d'insuffisance de gage et permet au créancier de poursuivre le reliquat. Ces délais ne doivent pas être confondus avec les clauses de réalisation privée que peut contenir le contrat bancaire. Leur portée dans un dossier concret dépend des documents signés et appelle un avis juridique.
La LSFin ne couvre pas chaque emprunt garanti par un portefeuille. Son art. 3 let. c ch. 5 qualifie de service financier l'octroi de crédits pour exécuter des opérations sur instruments financiers. Un crédit destiné à acheter davantage de titres entre clairement dans cette définition. La brochure officielle de Pictet de mars 2025 distingue les prêts conventionnels des crédits utilisés pour investir et indique que ces derniers sont soumis aux dispositions LSFin relatives à l'information, à la documentation et aux comptes rendus.
Dans ce périmètre, l'art. 8 LSFin exige une information sur le service recommandé, ses risques et ses coûts. Les art. 15 et 16 imposent la documentation du service et, à la demande du client, un compte rendu sur les services, le portefeuille et les coûts. Cela ne crée ni taux d'avance minimal, ni délai légal uniforme d'appel de marge, ni garantie contre les pertes. La protection réglementaire ne remplace pas la lecture du contrat.
La réalisation du gage ne se résume pas à une vente
La banque cherche à réduire son risque de crédit, pas à préserver la stratégie de placement du client. Elle peut donc privilégier les actifs les plus liquides, ceux qui fournissent le plus de couverture ou ceux qu'elle peut vendre rapidement. Le résultat peut laisser dans le portefeuille les positions les moins liquides et les plus risquées.
Une vente forcée produit quatre effets possibles en même temps :
- la perte de marché devient définitive ;
- la transaction génère des frais et parfois des conséquences fiscales ;
- la composition du portefeuille change, donc sa valeur de nantissement future aussi ;
- si le produit net est inférieur à la dette, le client reste débiteur du solde.
La vente d'un actif offrant un fort taux d'avance peut même réduire la couverture plus vite qu'elle ne réduit la dette si le produit est affecté ailleurs ou si d'autres lignes sont simultanément décotées. Le contrat doit préciser comment les produits de vente sont imputés et si le client peut proposer l'ordre de liquidation avant que la banque n'agisse.
Le sort des titres nantis en cas de faillite de la banque est traité dans le dossier sur la protection des avoirs lors d'une faillite bancaire. Le gage et les droits de compensation peuvent limiter la restitution tant que la dette n'est pas réglée.
Quand ce financement peut convenir
Un crédit lombard peut répondre à un besoin temporaire quand le remboursement repose sur une source de liquidité identifiable et indépendante du portefeuille nanti. Il peut éviter une vente précipitée avant une rentrée de fonds déjà prévue, financer un décalage de règlement ou donner du temps pour organiser une cession. La durée doit rester compatible avec la visibilité sur le remboursement.
Le crédit devient plus fragile quand le remboursement dépend de la hausse future des mêmes actifs qui garantissent la dette. Il est particulièrement mal adapté à une dépense permanente sans flux de remboursement, à un portefeuille concentré, à des actifs peu liquides, à un client qui ne peut pas répondre dans la journée ou à une stratégie qui supporterait mal une vente imposée.
La comparaison avec une vente doit chiffrer les deux côtés. Vendre peut déclencher un coût fiscal ou faire perdre une exposition souhaitée. Emprunter conserve l'exposition mais ajoute intérêts, levier, risque de change et pouvoir de liquidation de la banque. Le simple argument « ne pas vendre au mauvais moment » est incomplet, car un crédit trop tendu peut précisément forcer une vente à un moment pire.
Tableau de bord minimal
Le suivi utile ne se limite pas au solde débiteur. Un relevé mensuel est trop lent pour une ligne proche de sa limite. Le client doit pouvoir obtenir ou reconstruire les données suivantes :
| Indicateur | Question | Signal d'alerte |
|---|---|---|
| Valeur de nantissement | Combien la banque reconnaît-elle aujourd'hui ? | Baisse plus rapide que la valeur de marché |
| Marge disponible | Quel coussin reste-t-il après la dette et les intérêts courus ? | Coussin inférieur au choc défini à l'avance |
| Taux d'utilisation | Quelle part de la couverture est consommée ? | Hausse sans nouveau tirage |
| Concentration de couverture | Quelle ligne fournit la plus grande part de la capacité ? | Dépendance à un seul titre ou émetteur |
| Dette par devise | Dans quelle devise faudra-t-il rembourser ? | Dette sans flux de remboursement dans la même devise |
| Coût couru | Combien d'intérêts et de frais seront débités ? | Intérêts financés par un nouveau débit |
Un test de résistance utile combine plusieurs chocs. Il baisse les actifs, réduit les taux d'avance, augmente la dette en devise étrangère et ajoute les intérêts jusqu'à la prochaine date de paiement. Tester seulement une baisse uniforme de 10 % donne une fausse impression de précision.
Questions à faire répondre dans l'offre et le contrat
- Quelle entité juridique accorde le crédit et dans quel pays le gage est-il constitué ?
- Le crédit peut-il financer toute dépense, ou seulement l'achat d'instruments financiers ?
- Quels actifs sont gagés : le seul dépôt indiqué ou tous les avoirs présents et futurs auprès de la banque ?
- La banque dispose-t-elle d'un droit de compensation sur d'autres comptes ou entités du groupe ?
- Quel est le taux d'avance de chaque ligne et où puis-je consulter sa valeur actualisée ?
- Quels événements permettent de réduire un taux d'avance ou la limite sans préavis ?
- Comment la concentration par titre, émetteur, secteur, pays et devise est-elle traitée ?
- Quelle formule de taux s'applique, avec quel indice, quelle marge, quel plancher et quelle base de jours ?
- Quels frais portent sur la limite, la part inutilisée, les tirages, le change et un remboursement anticipé ?
- Les intérêts sont-ils payés séparément ou ajoutés au solde débiteur ?
- Quel canal sert aux appels de marge et quand une notification est-elle réputée reçue ?
- Quel délai est normalement accordé, et dans quels cas la banque peut-elle vendre immédiatement ?
- Puis-je choisir les actifs à vendre ou la banque décide-t-elle seule de l'ordre de liquidation ?
- Comment le produit des ventes est-il imputé à la dette et aux frais ?
- Que se passe-t-il si le produit du gage ne couvre pas la totalité du solde ?
- Une procuration permet-elle à une autre personne de répondre à un appel si je suis injoignable ?
- La ligne est-elle résiliable à tout moment et le remboursement devient-il alors immédiatement exigible ?
- Quel scénario chiffré la banque fournit-elle pour une baisse des marchés et des taux d'avance ?
Ces réponses doivent être comparées au modèle de mandat. Dans une relation de gestion discrétionnaire, conseil ou execution only, la responsabilité des décisions de placement n'est pas la même, mais la dette reste celle du client. Un mandat discrétionnaire ne donne pas au gérant un capital supplémentaire pour répondre à l'appel.
Idées reçues
- « Tant que je paie les intérêts, la banque ne peut rien demander. » Faux. La couverture doit rester suffisante indépendamment du paiement des intérêts.
- « Une obligation ne peut pas provoquer d'appel de marge. » Son prix, sa notation, sa liquidité et son taux d'avance peuvent changer.
- « Une limite accordée est garantie jusqu'à l'échéance. » Seul le contrat le dirait. Une ligne et ses taux d'avance peuvent être révisables.
- « Diversifier le nombre de lignes suffit. » Plusieurs titres exposés au même facteur peuvent chuter ensemble.
- « La banque vendra d'abord les mauvais placements. » Son objectif est de réduire le risque de crédit, pas d'optimiser le portefeuille restant.
- « La vente des titres efface toujours la dette. » L'art. 158 LP prévoit précisément le cas où le gage est insuffisant.
- « Le crédit le moins cher est dans la devise au taux le plus bas. » Une variation du principal en change peut dépasser l'économie d'intérêts.
Ce que cette analyse ne permet pas de comparer
Aucun taux d'avance, délai d'appel ou tarif ne s'applique à toutes les banques suisses. Ces paramètres dépendent du contrat, du portefeuille, de la devise, du statut du client et de la politique de risque du prêteur. Un exemple chiffré ne peut pas remplacer une offre ferme ligne par ligne.
Le traitement fiscal des intérêts et des ventes forcées dépend de la résidence, de l'usage du crédit, de la nature des actifs et de la situation du client. Il ne faut pas intégrer une déduction fiscale au calcul sans avis adapté à la juridiction concernée. Pour un résident suisse, le plafond de déduction des intérêts passifs privés et l'effet du financement par fonds étrangers sur la qualification des gains sont détaillés dans le dossier sur la fiscalité d'un compte bancaire suisse.
Un litige sur la réalisation privée, le délai donné, la valorisation du gage ou la responsabilité de la banque se tranche sur les contrats, les notifications et les opérations effectives. Le Code civil et la LP donnent le cadre, mais pas la réponse à un dossier individuel.
Sources principales
- FINMA, Monitorage des risques 2025, pages 5 et 13, risque de crédit lombard, appels de marge, concentration et garanties peu liquides.
- Code civil suisse (CC, RS 210), art. 884, 889 à 894 sur le nantissement mobilier, les droits du créancier, sa responsabilité et l'interdiction du pacte commissoire.
- Loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP, RS 281.1), art. 41 et 151 à 158 sur la poursuite en réalisation du gage et l'insuffisance du produit.
- Loi sur les services financiers (LSFin, RS 950.1), art. 3 let. c ch. 5, 8, 15 et 16, consolidation officielle applicable au 1er octobre 2026.
- Banque Pictet & Cie SA, Services financiers de Pictet Wealth Management régis par les dispositions de la LSFin, mars 2025, pages 3 et 4, qualification du crédit destiné à investir et détermination de la valeur de nantissement.
- Banque nationale suisse, taux d'intérêt et cours de change actuels, SARON indicatif et mentions sur l'administrateur du benchmark.